mardi 28 octobre 2008

ANDROMAQUE DE RACINE PAGE 9/27 : DISCOURS DE PYRRHUS

ANDROMAQUE DE RACINE
DISCOURS DE PYRRHUS ACTE I scène 2
AU PUPITRE
(L'orateur Pyrrhus est un condensé du Général MOBUTU ancien maître du Zaîre, redevenu Congo, et de ...François MITTERAND pour le talent oratoire et l'usage du subjonctif, de l'imparfait du subjonctif et du conditionnel passé 2ième forme. Son arrivée au pupitre est saluée par des roulements de ka. Phoënix lui dépose son discours sur le pupitre. Il y jette un coup d'oeil. Puis main levée, il exige le silence. Il attaque son discours, contenu d'abord, puis rapidement violent.)
La Grèce…en ma faveur est … trop… inquiétée.
De soins plus importants, je l’ai cru agitée Seigneur.
Et sur le nom de son ambassadeur, j’avais dans ses projets, conçu plus de…grandeur.

Qui croirait en effet, qu’une telle entreprise, du fils d’Agamemnon (Pyrrhus désigne déjà Oreste aux huées prochaines de la foule.)
Méritât l’entremise.
Qu’un peuple tout entier…tant de fois triomphant,
N’eût daigné conspirer que la mort d’un enfant?
Mais à qui prétend-on que je le sacrifie ?...

La Grèce a-t-elle encor quelque droit sur sa vie ?...

Et seul de tous les Grecs, ne m’est-il pas permis d’ordonner d’un captif que le sort m’a soumis ?... (Cette phrase est scandée par un doigt pointé vers le public.)
Oui ??? ( réponse du public qui reprend le oui, roulements de Ka. Pyrrhus est content de son effet.)
(Echange de regard avec Oreste.) Le chef des miliciens demande au public de se calmer.
Seigneur,
Lorsqu’au pied des murs fumants de Troie,
Les vainqueurs tout sanglants partagèrent leur proie,
Le sort, dont les arrêts furent alors suivis
Fit tomber en mes mains Andromaque et son fils.
Hécube près d’Ulysse, acheva sa misère.
Cassandre dans Argos a suivi votre père.
Sur eux, sur leurs captifs, ai-je étendu mes droits ?
Ai-je enfin disposé du fruit de leurs exploits ?
(Réactions gestuelles des chimères qui prennent la salle à témoin.)

On craint qu’avec Hector Troie un jour ne renaisse !
Son fils peut me ravir le jour que je lui laisse !
Seigneur,
Tant de prudence entraîne trop de soin,
Je ne sais point prévoir les malheurs de si loin.

Je songe quelle était autrefois cette ville,
Si superbe en remparts,
En héros si fertile !
Maîtresse de l'Asie!
Et je regarde enfin quel fut le sort de Troie et quel est son destin.
Je ne vois que des tours que la cendre a couvertes,
Un fleuve teint de sang,
Des campagnes désertes!
Un enfant dans les fers!
Et je ne puis songer que Troie en cet état aspire à se venger.

Ah, si du fils d’Hector la perte était jurée,
Pourquoi d’un an entier l’avons-nous différé ?
(Réactions gestuelles des chimères qui prennent à nouveau la salle à témoin.)
Dans le sein de Priam, n'a-t-on pu l’immoler !
Sous tant de morts, sous Troie, il fallait l’accabler !
Tout était juste alors !
La vieillesse et l’enfance en vain sur leur faiblesse
Appuyaient leur défense,
La victoire et la nuit plus cruelles que nous,
Nous excitaient au meurtre et confondaient nos coups.
Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère !
Mais que ma cruauté survive à ma colère ?
Que, malgré la pitié dont je me sens saisir,
Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir ?
Non ??? (Geste de Pyrrhus, main à l'oreille pour entendre la réaction de la foule: Le non est repris par le public de manière moins agressive)
Seigneur,
Que les Grecs cherchent quelque autre proie ;
Qu'ils poursuivent ailleurs ce qui reste de Troie.
De mes inimitiés le cours est achevé ;
L'Épire sauvera ce que Troie a sauvé. (Pyrrhus martèle son propos)
( Applaudissements, roulements de ka, cris de joie. Pyrrhus va serrer quelques mains au bord de la scène, tandis que Phoënix va reprendre le discours.)

Texte intégral

Aucun commentaire: